L’aryanisation de ses studios et l’exil forcé de Jacques Haïk ne laissent à Courbevoie que les studios Photosonor qui poursuivent leur activité pendant l’Occupation.
Une production très surveillée
« Le Comité d’organisation de l’industrie cinématographique (COIC), est un comité d’organisation, prévu par la loi du 16 août 1940 du régime de Vichy et créé par un décret du 2 décembre 1940, aux fins de normaliser la production cinématographique et de la contrôler. Il est placé sous l’autorité du ministère de l’Information.
Cet organisme de répression et d’aide à « l’assainissement professionnel » dépend à la fois des autorités d’Occupation et du gouvernement de Vichy.
Le COIC fait passer un certain nombre de décisions : l’instauration de la carte professionnelle, Le rôle de ces comités est loin de se contenter de rôles techniques ou organisationnels. Ils appliquent avec rigueur les consignes allemandes relayées par le Gouvernement de Vichy.
Le décret du 6 juin 1942 qui réglemente, en ce qui concerne les juifs, les professions d’artiste dramatique, cinématographique ou lyrique. Ce décret précise que « les juifs ne peuvent tenir un emploi artistique dans des représentations théâtrales, dans des films cinématographiques ou dans des spectacles quelconques, ou donner des concerts vocaux ou instrumentaux ou y participer… ».
En septembre 1943, les grandes lignes d’une future Corporation du Cinéma promue par le régime de Vichy se dessinent : c’est l’organisation corporatiste prévue par la volonté du maréchal Pétain pour servir de point d’appui dans le monde du cinéma à la révolution nationale.
Le COIC a été accusé à la Libération d’avoir voulu « assainir » la profession afin de garantir la reprise de la production qui a lieu en avril 1941 : les professionnels ont dû justifier de leur non-appartenance à la « race juive », et fournir un extrait de casier judiciaire.
Ce comité a également eu un impact important pour la production cinématographique française. Sans son action, cette production aurait sombré davantage, et serait tombée sous la coupe allemande. Elle n’aurait pas pu connaître l’épanouissement qu’allait engendrer la liberté de l’après-guerre.
220 longs-métrages ont été réalisés pendant l’Occupation. On ne retrouve pas dans ces films les thèmes de propagande nazis qu’ont véhiculé d’autres médias (comme la presse de l’Occupation ou Radio-Paris, une radio utilisée à l’époque par les services de l’occupant). Le COIC a permis aussi à la profession cinématographique de s’exprimer face au régime de Vichy et face à l’occupant. L’essentiel des longs-métrages de cette période ont été réalisés par les mêmes metteurs en scène qu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale, avec quelques nouveaux venus qui marqueront les décennies suivantes, comme Jacques Becker, Robert Bresson, Henri-Georges Clouzot, Claude Autant-Lara ou Henri Calef « . Source: Wikipedia
Les films tournés aux studios Photosonor
AVERTISSEMENT: pour la majorité de ces productions, un lien permet d’accéder à une vidéo Youtube. Toutes celles provenant de la Cinémathèque François Vinneuil restitue les critiques de Lucien Rebatet dont Vinneuil était le pseudonyme. Rebatet, auteur du pamphlet haineux intitulé « Les décombres », était un écrivain ultra-collaborationniste et un antisémite forcené. Il écrivait dans les colonnes de l’hebdomadaire Je suis partout, un des plus fervents soutiens de l’idéilogie nazie. De façon très dérangeante le commentaire qualifie cet outil de propadu filgande de « toujours excellent » (!)
Voici un recensement de ces films:
1941
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Fromont jeune et Risler aîné
Réalisation: Léon Mathot
Scénaristes: Alphonse Daudet, Amédée Pons, René Pujol
Avec: Mireille Balin, Bernard Lancret, Marguerite Pierry

Risler aîné ne se tue pas… comme le souhaitait Anatole France
A LA FIN du roman d’Alphonse Daudet, « Fromont jeune et Risler aîné », on sait que Risler, après sa ruine et la triple trahison de sa femme, de son frère et de son associé, va se pendre de désespoir à l’entrée des carrières de Montrouge. Or, dans le film qui vient d’être présenté à Paris, Risler ne se tue pas. Sans doute, devant cette transformation de l’épilogue, on ne manquera point d’adresser un blâme aux cinéastes désinvoltes qui, insoucieux de la pensée de l’auteur, travestissent celle-ci au profit des « fins heureuses » réclamées par le public !
Le tournage est perturbé par le décès d’un acteur :
« DANS « Fromont jeune et Risler aîné », le comédien Paul Escoffier joue le rôle du père Fromont. Un samedi du début d’août dernier, on devait tourner au studio de Courbevoie ta scène de la mort de Fromont. A 9 heures du matin un coup de téléphone avertissait Léon Mathot que Paul Escoffier était mort dans la nuit C’est pour cela que vous ne verrez pas dans le film tiré de l’œuvre de Daudet cette scène qui figurait au scénario. » Comoedia, 11 oct. 1941
Critique de Fromont jeune – Vinneuil
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Chèque au porteur

- Réalisation: Jean Boyer
- Scénariste: Jean Boyer
- Avec: Lucien Baroux, Jean Tissier, Marguerite Pierry
Critique de Chèque au porteur – Vinneuil
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Montmartre sur Seine

Réalisation: Georges Lacombe
Scénariste: Georges Lacombe
Avec: Edith Piaf, Jean-Louis Barrault, Roger Duchesne, Paul Meurisse
Maurice aime Juliette et Michel aime Lily. Les amours fleurissent sur la butte. Ils sont ouvriers, artisans, et Lily a un réel talent de chanteuse. L’arrivée de Claude trouble leurs rapports. Maurice, jaloux, se rapproche de Lily. De chanteuse des rues, celle-ci devient vite vedette de cabaret. Alors Maurice retrouve Juliette, toujours fidèle, et l’épouse avec l’approbation des habitants du vieux village de Montmartre.
« Édith Piaf écrira plus tard ses souvenirs
À Courbevoie, Georges Lacombe avait convié la presse parisienne pour assister aux prises de vues de Montmartre sur Seine et aux débuts à l’écran d’Édith Piaf.
Entre deux scènes, on nous conduisit au bar où, autour d’un verre de champagne, artistes, metteurs en scène et journalistes souhaitèrent une longue carrière à la nouvelle « star » qui montait.
Édith Piaf est ravie de faire du cinéma. Elle ne demande qu’à recommencer.
Après Montmartre sur Seine, elle partira se reposer, puis en tournée où elle présentera son nouveau tour de chant.
Quant à son livre, il n’en est pas question pour l’instant.
« Tout ça, nous confie t elle, ce sont des inventions ! Oui, j’écrirai mes souvenirs, mais plus tard, je n’ai pas encore assez vécu. Ce serait un peu prétentieux, car si j’ai vu pas mal de choses, il doit m’en rester pas mal à connaître encore avant de pouvoir me permettre d’évoquer toute une vie. » » Comoedia, 27 sept. 1941
4 chansons tirées du film et interprétées par Edith Piaf
Critique de Montmartre sur Seine – Vinneuil
- Patrouille blanche

Un méchant oriental nommé Halloway est appelé par de riches intérêts pétroliers qui veulent détruire un projet de barrage hydroélectrique qui pourrait menacer leurs profits.
Réalisation: Christian Chamborant
Scénariste: Amédée Pons
Avec: Sessue Hayakawa, Junie Astor, Paul Azaïs, Robert Le Vigan
Critique de Patrouille blanche – Vinneuil
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Mademoiselle Swing

Réalisation: Richard Pottier
Scénaristes: Louis Poterat, Richard Pottier et Daniel Margo
Avec: Irène de Trébert, Jean Murat, Raymond Legrand
Coincée à Angoulême entre son oncle, qui compose de la musique classique, et sa tante, fan de musique contemporaine, la jeune Irène trouve la vie ennuyeuse. Heureusement, il y a de la musique swing qui illumine ses journées. Alors quand, un jour, Raymond Serre et son orchestre de swing viennent à Angoulême, elle en profite pour glisser la copie d’une chanson qu’elle a écrite dans la poche de l’un des musiciens. Le problème, c’est que pendant qu’elle est en train de le faire, le train dans lequel elle est montée s’arrête…
Mardi matin, aux Studios de Courbevoie, Jean Murat arrivait dès 9 heures. Il retrouvait sur le plateau Elvire Popesco et le metteur en scène Richard Pottier. Le premier tour de manivelle de « Mademoiselle Swing » était donné à midi. Cette production S. U. P. sera pour la grande vedette de cinéma français l’occasion d’un retour « cinématographique » très attendu. Mlle Irène de Tréber sera « Mademoiselle Swing » et d’ici quelques jours seulement, elle viendra aux studios se présenter dans le champ de la caméra et des sunlights avec Raymond Legrand et son orchestre. Jean Murat a d’autres projets, mais chut… ne dévoilons qu’une partie du secret : il nous quittera encore vers le 1″ janvier — mais après les fêtes seulement — pour tourner les extérieurs d’une nouvelle production sur la Côte d’Azur, au moment où le séjour y est le plus agréable. Mais ce séjour sera de courte durée et Jean Murat nous reviendra pour terminer ce second film. Ciné-mondial, 28 nov. 1941
Critique de Mademoiselle Swing – Vinneuil
1942
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Le grand combat

« Marcel Thil dans un film sur la boxe ? HENRI DECOIN qui fut journaliste sportif avant d’être metteur en scène, vient d écrire le dialogue et le découpage d’un film dont le scénario original est de M. Rivet : « Le Grand combat ». L’action se déroule dans les milieux de la boxe. Jimmy Gaillard, jeune champion, est fiancé à Blanchette Brunoy dont le frère fut tué sur le ring. Jimmy cache à Blanchette sa passion pour la boxe, est victime à son tcur d’un grave accident. Mais tout s’arrange. Decoin qui est un fervent de Fart dit noble – il est l’auteur du « Soir de rafle — a accepté de superviser « Le Grand combat » que mettra en scène M. Bernard Roland. Les prises de vues viennent de commencer au studio Photosonor de Courbevoie. Outre Jimmy Gaillard et Blanchette Brunoy, ce film sera interprété par Lucien Baroux, Jules Berry Suzanne Dehelly. Et il est probable que nous verrons Marcel Thil dans le rôle d’un arbitre ! » Comoedia, 4 juil. 1942
Réalisation:Bernard-Roland
Scénaristes: Henri Decoin, Marcel Rivet
Avec: Lucien Baroux, Jules Berry, Jean-Marie Boyer, Blanchette Brunoy
Critique du Grand combat – Vinneuil
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Forte tête

Réalisation: Léon Mathot
Scénaristes: Léopold Marchand, Léon Mathot
Avec: René Dary, Paul Azaïs, Guillaume de Sax
Gérard, un jeune garçon, grandit à la campagne, élevé par les domestiques du château appartenant à son grand‑père, un directeur de banque accaparé par ses affaires. Faute de temps pour s’occuper de l’enfant, le grand‑père confie peu à peu son éducation à sa secrétaire, Jeannette, qui devient pour lui une véritable figure maternelle.
- L’ange gardien

Réalisation : Jacques de Casembroot
Scénario : Charles Vildrac
Avec: Elen Dosa, Irène Corday, Catherine Fontenay, Jacques Varenne
Un ancien fonctionnaire colonial vit loin de Paris avec un cousin sec qui fait attention à son héritage. Il ne s’est jamais occupé de son fils, marié à une chanteuse, encore moins de sa petite-fille Colette. Les chances de la vie obligent le grand-père à accueillir Colette pendant un certain temps. Cela fait des merveilles, démasque le cousin complice de ses copains, dénoue les intrigues, déjoue les machinations et réconcilie tous les membres de la famille.
Critique L’ange gardien – Vinneuil
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Marie-Martine

Réalisation:
Scénaristes:
Avec: Renée Saint-Cyr, jules Berry, Saturnin Fabre, Bernard Blier
Le romancier Loïc Limousin a connu le passé agité de Marie-Martine. Après le drame qui l’avait jetée en prison, elle a rencontré un brave garçon prêt à faire sa vie avec elle. Le scandale va-t-il les séparer ?
« AU studio Photosonor de Courbevoie, Albert Valentin vient de commencer un nouveau film : « Marie Martine ». Le scénario original est de Jacques Viot, et il était primitivement intitulé : « D’où vient Marie Martine P » Il est bâti sur le modèle de « Thomas Garner » ou du « Jour se lève », fait de réminiscences, de retour sur le passé. Un homme est jaloux rétrospectivement de sa femme. La vie qu’elle eut avant lui .l’inquiète et l’irrite. Il fouille sa jeunesse, remonte aux trois grandes étapes de sa vie – et cela fera les trois grandes séquences du film. Sans preuve, il ne peut croire que la femme qu’il aime l’a trompé avant de le connaître. Et malgré les aventures tragiques de sa vie antérieure, l’« innocente » dira : « Tout commence ce soir. Et cela, sans doute, sera vrai. » Comoedia, 28 nov. 1942
Critique Marie-Martine – Vinneuil
1943
-
l’Homme sans nom

Réalisation: Léon Mathot
Scénaristes: Jean-Georges Auriol, Maurice Bessy, Jean-Pierre Vinet
Avec: Jean Galland, André Alerme, Sylvie
Monsieur Vincent est le guérisseur respecté d’un village basque. Mais personne ne sait que Vincent Berteaux a été chirurgien à Paris. Quand Assomption, une jeune vacancière, arrive au village en compagnie de sa mère, Vincent est loin de se douter que le passé revient dans sa vie…
- Coup de feu dans la nuit

Réalisation: Robert Péguy
Scénariste: d’après la pièce
Avec: Mary Morgan, Henri Rollan, Jean Debucourt
Une femme est accusée du meurtre de son mari, qui était jaloux et brutal. Son avocat parvient à la faire acquitter et ils se marient à la fin.
Critique de Coup de feu dans la nuit – Vinneuil
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La chèvre d’or

Réalisateur: René Barberis
Scénaristes : Paul Arène, René Barberis, Pierre Bost
Avec: Jean Murat, Yvette Lebon, Antonin Berval
(extérieurs à Saint-Tropez, intérieurs à Courbevoie)
Un journaliste parisien s’intéresse à la légende du village de Puget-Maure.Une chèvre mystérieuse est gardienne d’un trésor…
-
Le bal des passants
Réalisation : Guillaume Radot, assisté de Georges Péclet
Scénario : Armand Béraud
Avec: Annie Ducaux, Catherine Fonteney, Emile Drain, Jacques Dumesnil

Fabienne se croit trompée par son mari Claude et divorce. Il part pour l’Amérique et ne revient que huit ans plus tard. Il fait alors la connaissance de sa fille.
Critique Le bal des passants – Vinneuil
1944
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Echec au Roy

Réalisation: Jean-Paul Paulin
Scénaristes:
Avec: Odette Joyeux, Lucien Baroux, Georges MarchalGabrielle Donziat
Madame de Maintenon a décidé de marier sa fille adoptive Jeannette de Pincret, pensionnaire à l’école de Saint-Cyr, avec le jeune vicomte Haussy de Villefort mais le Roy préférerait lui voir épouser le respectable duc de Montgobert. Désinvolte, Mademoiselle de Pincret ne veut en faire qu’à sa tête. C’est la jalousie qui la jette finalement dans les bras du vicomte, jalousie amicalement attisée par son confident, le vieux comédien La Verdure, devenu jardinier à Saint-Cyr.
« CURIEUSE COINCIDENCE
Pour « ECHEC AU ROY » dont Jean-Paul PAULIN vient de terminer le montage, après en avoir fait la mise en scène, Quignon, le chef décorateur, a réalisé de très curieuses reconstitutions en se rapportant à des estampes et gravures de l’époque. Parmi les décorateurs qui travaillèrent sous sa direction au studio de Courbevoie, se trouvait un nommé Mansart qui était un descendant direct de l’architecte du Palais de Versailles. Quant au fleuriste qui fournit les plantes vertes nécessaires à plusieurs décors, il était un descendant de Lenôtre. Lucien Baroux, lorsqu’il apprit cette curieuse coïncidence déclara à sa partenaire Odette Joyeux : « On ne pourra pas dire que pour « ECHEC AU ROY », on n’a pas recherché les compétences nécessaires. Voilà qui prouve que le réalisateur a voulu pousser à un degré extrême la vérité historique !» » L’Oeuvre, 11 avr. 1944
- Le Carrefour des enfants perdus

Réalisation: Léo Joannon
Scénariste: Stéphane Pizella
Avec: René Dary, Jean Mercanton, Raymond Bussières, Serge Reggiani, Jeanine Darcey
AU studio Photosonor de Courbevoie un décor amorce la perspective fuyante d’une rue misérable de quartier pauvre. Devant ces murs délabrés, Léo Joannon a planté sa caméra ; on tourne « Le Carrefour des enfants perdus ».
« Le Carrefour » est un centre de jeunesse où l’on, héberge tous les « gamins qui n’ont pas envie de rencontrer les flics–. ». Centre de redressement où l’on s’écarte farouchement des règles et de l’esprit des maisons de correction qui ont fait tant de mai à la jeunesse. Certes tout n’est pas rosé au « Carrefour » et les moniteurs ont du fil à retordre avec quelques jeunes voyous de la pire espèce. La conclusion pourtant sera optimiste..
Pour mettre à l’épreuve les « enfants perdus du Carrefour », le chef du centre a recours à une entreprise hardie : il lâche ses enfants dans Paris, sans surveillance ; chacun est porteur de 200.000 francs de bons de solldarité qu’il devra vendre. Tous reviennent et rapportent l’argent.
Les principaux interprètes de ce film violent et généreux sont : AU studio : Photosonor de Courbevoie un décor amorce la perspective fuyante
d’une rue misérable de quartier pauvre. Devant ces murs délabrés, Léo Joannon a planté sa caméra ; on tourne « Le Carrefour des enfants perdus ».
« Le Carrefour » est un centre de jeunesse où l’on, héberge tous les « gamins qui n’ont pas envie de rencontrer les flics–. ». Centre de redressement où l’on s’écarte farouchement des règles et de l’esprit des maisons de correction qui ont fait tant de mai à la jeunesse. Certes tout n’est pas rosé au « Carrefour » et les moniteurs ont du fil à retordre avec quelques jeunes voyous de la pire espèce. La conclusion pourtant sera optimiste..
Pour mettre à l’épreuve les « enfants perdus du Carrefour », le chef du centre a recours à une entreprise hardie : il lâche ses enfants dans Paris, sans surveillance ; chacun est porteur de 200.000 francs de bons de solldarité qu’il devra vendre. Tous reviennent et rapportent l’argent.
Comoedia, 4 déc. 1943

Commentaire du film extrait de la page Wikipedia:
Comme président de la Famille professionnelle des spectacles et directeur d’un département du COIC, Léo Joannon est très engagé au service de Vichy et de son organisation corporatiste du cinéma lorsqu’il monte le projet au printemps 1942 : c’est un film de propagande sur le redressement moral que prône la Révolution nationale à l’endroit d’une jeunesse « dévoyée », financé par le Secrétariat général à la Jeunesse, la Direction générale du cinéma et le COIC,
En contrepartie des financements publics, le réalisateur s’est engagé à laisser à M. Schiltz, chef-adjoint de la propagande au Secrétariat général à la Jeunesse, « un droit absolu de regard et de contrôle sur le plan moral et national ». De fait, il devra renoncer aux scènes qui dénoncent les violences familiales et les bagnes d’enfants, avant et après l’instauration du régime de Vichy. Il doit également effacer certaines séquences documentaires qui rendaient trop voyant le zèle du réalisateur à servir le gouvernement. Un centre de redressement par le travail, mis à disposition par le ministère de la Jeunesse, sert de plateau, plusieurs centaines d’enfants placés là se détournant de leur quotidien pour servir à la figuration.
Lors de la sortie en avril 1944, la critique reçoit le film comme une œuvre de propagande, que ce soit pour dénoncer ou pour louer la démarche. Carrefour des enfants perdus peut être considéré comme un des rares films directement fascisants produit par le cinéma français durant l’Occupation.
« Ce film, sorti dans les derniers mois de l’Occupation, connut auprès de la presse et du public un grand succès qui se poursuivit bien au-delà de la Libération. Dans une production volontairement ignorante, depuis quatre ans, des problèmes du moment, il était l’une des rares œuvres à faire explicitement référence à des préoccupations et à des problèmes contemporains ».
« Il est intéressant de voir comment voisinent dans le film une tradition « humaniste », délibérément placée dans le sillage de l’action d’Alexis Danan contre les bagnes d’enfants dans les années 1930, et les multiples marques du régime de Vichy jusqu’à l’exaltation fascisante du « chef ». »
Le Carrefour des enfants perdus (film complet)
Sources:
- RetroNews
- Wikipedia
- Unifrance
- Cinémathèque François Vinneuil
- IMDB
