S’il est un architecte qui a laissé une empreinte profonde sur le quarier de Bécon, c’est bien Alvaro de Grimaldi avec près d’une vingtaine de constructions.
Les débuts
Alvaro Frédéric Stanislas Marie de Grimaldi est né le 29 avril 1870 à Barcelone (sa mère est espagnole). Il est de la même génération que son collègue Auguste Oradour et sa formation est également peu connue, mais comme lui, il commencera à exercer très jeune le métier d’architecte.
Alors que les pavillons et les immeubles fleurissent autour de la gare de Bécon après 1891, de jeunes architectes font leurs premières armes dans cette banlieue prometteuse afin d’acquérir une notoriété suffisante pour s’installer à Paris.
De Grimaldi épouse une Roumaine, Marie Cécile Jehel dit Castan en 1896. Il est encore domicilié à Paris, rue Dupin. A noter que le père de la jeune mariée est ingénieur tout comme celui d’Alvaro.

L’architecte de la ville
Toujours comme Oradour, de Grimaldi s’installe à Courbevoie en 1903 au 71 rue du 22 septembre. Il y demeure jusqu’en 1918 et y conserve ensuite une adresse au moins jusqu’en 1930.

Les bâtiments signés de Grimaldi vont alors se succéder.
Il devient architecte expert et architecte de la ville de Courbevoie. Ses oeuvres comprennent des immeubles en pierre de taille comme celui du 13 rue Ambroise Thomas et des constructions en brique comme l’école maternelle au 20 boulevard de la Mission Marchand (exceptionnellement hors de Bécon) et matériaux mixtes brique et meulière comme pour les pavillons de la rue Jean-Baptiste Charcot.

En tout, 19 immeubles de rapport, bâtiments publics et habitations diverses (voir liste complète)
En collaboration avec Eugène Coulon, il réaménage la salle des fêtes de la mairie en 1909.
En plus de l’école Alfred de Musset, il construit le groupe scolaire rue de Metz et rue de Lorraine en 1912.

Le monument parisien
Installé désormais à Paris, de Grimaldi construit deux villas dans un ensemble remarquable à Suresnes à partir de 1924 sur l’emplacement d’une très belle propriété nommée “La Criolla” signifiant “Créole” en espagnol en souvenir des origines péruviennes de Madame Luque, épouse du propriétaire.
En 1928, il signera également une maison au 14 bis villa Madrid à Neuilly.
La trace majeure qu’il laisse dans la capitale avec la rénovation du théâtre Marigny indique qu’il jouissait alors d’un prestige certain.
Le bâtiment est érigé par Charles Garnier en 1881 et transformé par Edouard Niermans en 1893. De Grimaldi rénove et modifie la salle dévastée par un incendie trois ans plus tôt.un incendie en y adjoignant un décor « Art déco antiquisant » en 1925.

En 1916, Léon Volterra, célèbre impresario de l’entre-deux-guerres, reprend un café-concert qui n’est alors plus que l’ombre de la salle élevée par Édouard-Jean Niermans en 1891, à l’emplacement d’une patinoire remplaçant une partie du deuxième Tivoli parisien (ancien parc d’attractions). Cet entrepreneur pressent le potentiel de l’espace, d’une grande profondeur, pour proposer ce qui doit être la première revue à grand spectacle française. Oudin aménage en quelques mois une salle comprenant un balcon haut en béton armé (un des premiers en France) et promenoirs de 1 550 places. Il élève une nouvelle façade ornée de mosaïquesGrimaldiBatiment_1860_1940 stylisées toujours existante aujourd’hui. Ces travaux d’ampleur sont salués par la presse pour leur rapidité de mise en œuvre. L’inauguration, sensationnelle, fin 1917, marque les esprits. Cependant, un incendie accidentel en mai 1922 oblige à la réfection de la salle, et permet de la doter des dernières innovations techniques. L’architecte De Grimaldi est chargé de cette rénovation. Ce temple de la revue, dirigé par Volterra puis par Henri Varna de 1929 à 1969, sera dédié à ce genre jusqu’en 1980. Le décor intérieur a été largement remanié, même si l’essentiel des dispositions spatiales subsiste. Les vitraux en façade sont des répliques d’originaux, et datent de 1989. https://inventaire.iledefrance.fr/dossier/IA75000318
L’architecte signe encore un immeuble de rapport à Neuilly 37 – 41 rue de Villiers en 1948.
Alvaro de Grimaldi disparaît en 1961, il est enterré au cimetière des Batrignolles

Sources:
- RetroNews
- Gallica/BNF
- Geneanet
- Hommes et métiers du bâtiment 1860-1940 – L’exemple des Hauts-de-Seine – Cahiers du Patrimoine
