Les rues de l’Empire

Courbevoie est devenue officiellement une ville impériale en décembre 2025 en raison du débarquement des « cendres » de Napoléon 1er le près du pont de Neuilly. Une plaque sur le site commémore l’événement.

Quelques rues de la ville gardent la trace du règne impérial des deux empereurs ainsi que des campagnes de Bonaparte :

Napoléon 1er

  • l’Aigle

Symbole par excellence de l’empereur, une rue lui a été réservée.

  • La rue du Grand Vainqueur était le nom de la rue Lambrechts et la voie le long du quai de Seine était baptisée quai de l’Empereur jusqu’à la fin du Second empire et il existait au niveau de l’actuel pont de Courbevoie un Port Napoléon. Pour rappel la statue de Napoléon qui trônait au centre du rond-point de la Demi-lune (rond-point de la Défense) a connu quelques mésaventures en 1871. (voir article sur notre site)

… et le maréchal Lannes

Les rues suivantes furent nommées en hommage au Maréchal Lannes, un des compagnons parmi les plus habiles et les plus fidèles de Napoléon.

Lannes participa aux guerres révolutionnaires et se distingua pendant la campagne d’Italie en particulier en remportant la bataille de Montebello. Il sera fait plus tard duc de Montebello par l’Empereur.

Ouverte en 1757, l’avenue allant de l’entrée de la caserne Charras au carrefour de la Demi-lune (rond-point de la Défense) qui s’appelait assez logiquement rue de la Caserne devint, en 1869, avenue de Montebello (aujourd’hui avenue Gambetta) sur proposition du maire Charles Blondel. Le conseil municipal du 5 février 1870 de changer les noms des rues convergeant sur cette avenue en remplacement de noms de chemins rappelant les terroirs anciens. (voir page consacrée aux « rues des champs » sur le site). Les choix devaient avoir un lien direct avec le maréchal Lannes.

  • Aboukir

Lannes faisait partie de l’expédition d’Egypte et s’est distingué pendant la bataille du 16 juillet 1799 contre les Mameluks. Cette victoire terrestre a quelque peu vengé la défaite navale du même nom.

  • Essling

La bataille s’est déroulée les 21 et 22 mai 1809 et a vu la mort du maréchal Lannes, pas forcément la plus éclatante des victoires, plutôt  un sanglante match nul qui servit de prélude à la victoire de Wagram. Malheureusement pour Lannes, il  fut grièvement blessé aux deux jambes par un boulet et succomba à ses blessures dans les bras de Napoléon. Cette rue portait précédemment le nom de rue des Moleveaux.

Mort de Lannes à Essling – Gallica/BNF

D’autres rues liées aux batailles de Lannes ou aux campagnes d’Italie ont depuis disparu:

  • La rue de Marengo (14 juin 1800), victoire de Bonaparte  où Lannes s’est particulièrement illustré. la rue a disparu au moment de l’aménagement de la Défense.
  • La rue de Millesimo (victoire d’Augereau sur les Sardes le 13 avril 1796) est devenue la rue Kleber, un héros révolutionnaire plus républicain.
  • Pour la même raison, la rue de Pavie (révolte réprimée de la ville de Pavie en mai 1796) est devenue la rue Carnot.

Napoléon III

Carte à jouer Napoléon III – Gallica/BNF

 

  • Baudin

Par un coup d’état, le premier consul Louis-Napoléon Bonaparte s’empare du pouvoir le 2 décembre 1851 et abat du même coup la 2e République. Quelques républicains tentent de s’opposer au coup de force: Alphonse Baudin est de ceux-là. Baudin est un médecin élu du peuple à l’Assemblée de 1849. Sa fin est légendaire. Durant la tentative d’insurrection, le 3 décembre, Baudin tente de rallier des ouvriers, mais ceux-ci répondent: « Croyez-vous que nous allons nous faire tuer pour vous conserver vos vingt-cinq francs par jour ? » (son indemnité parlementaire). Baudin réplique: « Vous allez voir comment on meurt pour vingt-cinq francs! ». Il prend un drapeau, monte sur la barricade et est mortellement blessé.

Ernest Pichio, Alphonse Baudin (1811-1851) sur la barricade du faubourg Saint-Antoine, le 3 décembre 1851, Paris, musée Carnavalet, 1869

En 1868, Charles Delescluze, homme politique et  journaliste, lança une souscription pour lui élever un monument. Delescluze, traîné devant la justice par le ministre de l’Intérieur fut défendu par Léon Gambetta. (une autre rue de Courbevoie)

  • Alma

La guerre de Crimée (1853-1856) a frappé l’opinion publique et de nombreuses villes commémorent les deux victoires remportées par les troupes franco-anglaises contre l’empire russe. La guerre est partie de la volonté des deux alliés de s’opposer au démantèlement de l’empire ottoman et à l’expansion russe qui s’ensuivrait en mer noire et au-delà.

La bataille de l’Alma se déroule pendant la journée du  sur les rives du fleuve Alma, près de Sébastopol, et est considérée comme la première grande bataille de la guerre. Elle voit les forces franco-britanno-turques remporter la victoire sur l’armée russe. Les zouaves de « l’armée d’Afrique » jouent un rôle décisif dans cette bataille, d’où le célèbre Zouave du pont de l’Alma à Paris.

La guerre de Crimée vue par le dessinateur Cham – Gallica/ BNF

 

  • Sébastopol

Le siège de Sébastopol, principale ville de Crimée et base de la flotte russe en Mer noire est l’épisode principal de la guerre. Pénible et Il dura onze mois, du  au meurtrier en raison des combats mais aussi du choléra et du scorbut.

 

Sources: Gallica/BNF; Musée Carnavalet