Les Juifs de Courbevoie dans la guerre

La communauté juive de Courbevoie a connu des jours sombres comme partout ailleurs sous l’occupation nazie: spoliations, déportations, exécutions. Voici un premier état des lieux. Merci de nous contacter si vous disposez d’autres informations pour enrichir cette page.

Les déportés

Grâce aux documents réunis par le Mémorial de la Shoah et le Mémorial de la Déportation des Juifs de France (Serge Klarsfeld), il a été possible d’établir un Recensement des victimes juives de Courbevoie:

L’énorme majorité des 75 victimes sont les « Juifs étrangers » visés par les premières mesures antisémites du gouvernement de Vichy et des occupants allemands.

Cette catégorie englobe les Juifs nés à l’étranger, qu’ils soient encore ressortissants de leur pays d’origine ou naturalisés. les enfants sont bien sûr déportés avec leurs parents, même s’ils sont français par la naissance.

Le 22 juillet 1940, Raphaël Alibert, ministre de la justice du gouvernement de Vichy, met en place une commission de révision des naturalisations chargée de réexaminer l’ensemble des 539 000 naturalisations accordées depuis la loi du 10 août 1927.

Des Juifs qui souvent vivent depuis des années en France et qui, pour certains, ont même combattu pour elle lors de la Première Guerre mondiale, vont ainsi être déchus de leur nationalité.

L’origine des Juifs de Courbevoie victimes de la déportation est multiple: ils sont nés en Pologne, en Lituanie, en Algérie, à Odessa, Thessalonique ou encore Livourne ou Istanbul. Beaucoup sont aussi nés à Paris ou dans la région parisienne.

Leurs âges vont de quelques mois à plus de 86 ans et la destination commune est Drancy avant le départ pour Auschwitz et la mort pour tous à l’exception de seulement 5 survivants. Trois d’entre eux auront eu la « chance » d’être déportés à Aurigny dans les îles anglo-normandes plutôt qu’en Pologne.

Les trains se succèdent du 5 juin 1942 (convoi 2) au 31 juillet 1944 (convoi 77).

Des familles entières sont envoyées à la mort comme les Stryakowski de la rue Gaultier ou les Scialom de la rue du 22 septembre. Les déportés ne viennent pas d’un quartier particulier, ils sont répartis dans tout Courbevoie, preuve de leur bonne intégration.

Les Justes

Les personnes ou communes qui ont sauvé des Juifs pendant l’Occupation reçoivent le titre de « Juste parmi les Nations ».

Daisy et Roger Lanier – source: archives familiales DR site AJPN

C’est le cas des époux Lanier de Courbevoie. Roger Lanier, inspecteur de police et Daisy, sa femme, ont hébergé de juillet 1942 à août 1944 un couple d’amis juifs: Isaac et Sora Taklender, qui allaient être pris dans la raffle du Vel d’hiv.

Leur histoire est racontée sur le site de l’AJPN.

La Nouvelle étoile

La « Nouvelle étoile des petits enfants de France » est à la base un projet social de protection de l’enfance.

La première pierre de ce dispensaire est posée en 1930 par les deux initiatrices du projet, Mme Veil-Picard et Mme Gonse-Boss ainsi que par le maire de Courbevoie, André Grisoni, et la veuve de Michael Winburn (Cadum) qui l’a financé. Le dispensaire, situé à l »angle du boulevard Aristide Briand et de la rue Michael Winburn, sera inauguré en 1932 et détruit en 2009.

L’Ouest-Eclair – 3 juillet 1930 – source: RetroNews

Il aurait servi de refuge à des enfants juifs pendant la guerre d’après le site de l’AJPN. (voir article)

Les otages et les résistants

Sur le monument érigé au cimetière des Fauvelles en souvenir des victimes, on trouvera la liste des noms des déportés et fusillés de Courbevoie.

Monument des Fauvelles – mur de gauche – Cliquer pour agrandir
Monument des Fauvelles – mur de droite – Cliquer pour agrandir