La Première Guerre mondiale qui s’achève par l’Armistice du 11 novembre 1918 a fait environ 19 millions de morts dont 1 400 000 rien qu’en France. La victoire n’est donc pas commémorée comme l’ont été les batailles napoléoniennes . Si les généraux vainqueurs sont honorés de noms de rues et d’avenue, le souvenir des victimes pèse autant sinon plus dans le choix des villes. Courbevoie ne déroge pas à la règle.
Les victimes et les combats
Belgique

Cette place de Bécon rend hommage au pays dont la neutralité a été violée en 1914 par l’armée allemande. Ses troupes se rendent coupables de crimes de guerre contre la population belge qui scandalisent l’opinion publique au Royaume-Uni et en France et renforcent l’idée qu’ils combattent pour la civilisation et la barbarie.

Louvain

Les 25 et 26 août 1914, la tragédie de Louvain constitue un des épisodes les plus tristement célèbres des atrocités commises contre des civils belges par l’armée impériale d’occupation allemande. Estimant que leurs soldats ont été la cible de francs tireurs, les officiers allemands ordonnent à leurs troupes de se livrer au sac de la ville; Des milliers de civils sont exécutés, les maisons sont pillées et la fameuse bibliothèque de l’université est brûlée. En deux jours, Louvain se transforme en un champ de ruines. Le retentissement est énorme en Europe.

Edith Cavell
Fille du pasteur de Swardeston dans le Norfolk, née dans un milieu aisé, Edith Cavell (1865-1915) décide à vingt deux ans de devenir infirmière. Elle va consacrer sa vie à soigner des malades en Suisse d’abord, puis en Allemagne et enfin en Belgique où elle ouvre une école d’infirmières.
Edith Cavell n’est pas qu’une infirmière, elle est également membre des services secrets britanniques et parallèlement, elle est également un maillon important d’un réseau de résistance chargée de faire évader vers les Pays-Bas des centaines de soldats des forces alliées. Le réseau est démantelé par les Allemands en juillet 1915, Edith est arrêtée le 5 août et va être jugée par une cour martiale. La nouvelle déclenche une campagne de presse internationale. En dépit des pressions exercées sur les autorités militaires allemandes, elle est condamnée à mort et fusillée le 12 octobre à Bruxelles.
Edith Cavell est dès lors considérée par la presse anglaise et française comme une martyre.
Courbevoie donne son nom à l’ancienne rue de Bois-Colombes.
Voir sur Gallica/ BNF: La vie et la mort de Miss Edith Cavell
Verdun

Bataille emblématique de la guerre, Verdun a coûté la vie à plus de 300 000 soldats entre février et décembre 1916. Le boulevard de Courbevoie, axe majeur de la ville vers Paris devient boulevard de Verdun.
Les trois frères: Enghels, Lebeuf, Rocquigny
Voir l’article très documenté paru dans le Courbevoie Mag de novembre 2025
Guynemer

La rue du Chemin de fer devient après la guerre la rue Guynemer. Georges Guynemer (1894-1917) rejoint l’armée de l’air en 1914 et, après avoir été mécanicien, se forme au pilotage. Volant sur des Nieuport, des Morane-Saunier et enfin des SPAD. Il remporte 53 victoires et survit à sept reprises quand son avion est abattu avant de succomber dans un ultime combat en Belgique le 11 septembre 1917. Sa jeunesse et ses exploits ont fait de lui un héros national.
Les vainqueurs
Clemenceau

Georges Clemenceau (1841-1929) a eu une carrière politique bien rempli. D’abord maire du 18e arrondissement, c’est un ardent défenseur de Dreyfus qui publie dans l‘Aurore le célèbre « J’accuse » d’Emile Zola. Clemenceau soutient la séparation de l’Eglise et de l’Etat et s’oppose à la colonisation. Ministre de l’Intérieur en 1906, sa lutte contre le crime lui vaut le surnom de « Tigre ». Président du Conseil en 1917, c’est un partisan farouche d’une victoire totale sur l’Empire allemand, il se voit attribuer le surnom de « Père la Victoire » à l’issue du conflit. Une de ses citations célèbres: « La guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires ».
Gallieni
Soldat colonial (voir article sur notre site) et gouverneur militaire de la ville de Paris au moment de la Bataille de la Marne, Gallieni est le symbole de ma résistance de la capitale
Maréchal Joffre
Généralissime des armées alliées, il représente avec Foch la victoire chèrement acquise. Le quai de Courbevoie est rebaptisé en son honneur.

11 novembre
Une rue de l’Armistice qui n’a même pas besoin de préciser l’année.
La der des der
Dans les années 1920, cet espoir porte un nom, c’est celui d’Aristide Briand
Paix
Les pertes énormes de la Première Guerre mondiales sont ressenties dans toutes les familles françaises et l’espoir est vif que ce conflit soit le dernier. C’était la « der des der », c’est maintenant le temps de la Paix. Un boulevard de la Paix est inauguré en 1930 dans le prolongement du boulevard Aristide Briand nouvellement percé.
Aristide Briand

Briand (1862-1932) est l’initiateur et le rapporteur de la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905 codifiant la laïcité en France. Il est onze fois président du Conseil et vingt-six fois ministre sous la Troisième République. Comme ministre des Affaires étrangères, il travaille à la réconciliation entre la France et l’Allemagne avec les accords de Locarno en 1925. En 1928, poursuivant son rêve de paix par la sécurité collective, dont l’axe serait la Société des Nations, il signe avec l’Américain Frank Billings Kellogg le pacte Briand-Kellogg visant à mettre la guerre hors-la-loi… juste avant la crise de 1929 et la montée des nationalismes.
