Entre 1903 et 1907, E. Mendelssohn a connu une gloire nationale bien qu’éphémère tant dans la construction automobile que dans le yachting.
Le constructeur automobile
Il est difficile de trouver des informations sur le fondateur de l’entreprise, peut-être s’agissait-il d’un médecin parisien Maurice-Emile Mendelssohn (1875-1931), futur officier de la Légion d’honneur, dont la passion aurait débouché sur la construction automobile, mais rien n’est sûr de ce côté-là.
Un passage du très exhaustif Etat des Communes: Courbevoie de 1906 décrit l’usine automobile Mendelssohn comme suit:
« Les établissements Mendelssohn, fondés en 1903, boulevard Bineau, ont été transférés à Courbevoie, en 1906, avenue Dubonnet, sur un terrain de 10 000 mètres carrés, dont 7 000 couverts.
La force motrice, s’élevant à 150 chevaux, actionne des machines outils destinées à la fabrication de pièces détachées et de châssis d’automobiles.
Le nombre d’ouvriers — qui sera sensiblement augmenté lors de l’installation définitive — est, à l’heure actuelle, de 300 déjà.
La production s’élève à 800 châssis par an, dont la moitié pour l’étranger. »
La dimension de l’usine ainsi que le personnel employé illustrent parfaitement l’importance prise par le constructeur au moment de son installation à Courbevoie.
Les automobiles Mendelssohn sont alors les vedettes d’un marché en pleine ébullition.
Elles se caractérisent par leur réalisations techniques mais aussi par leur rapport qualité-prix.
Au Salon de l’automobile de 1904, qui se tient au Grand Palais, le stand Mendelssohn est très fréquenté:
« Le stand de la Société E. Mendelssohn et Cie retient le visiteur par la simplicité de construction des châssis et des voitures qu’elle présente. Cette Société a étudié la fabrication de ses modèles sous le point de vue le plus intéressant : ne faisant jamais la moindre réclame, ni dans les journaux, ni en course, elle a pu réduire les prix de vente dans des proportions énormes, sans diminuer la valeur de sa fabrication.

Mendelssohn, bien que très jeune encore dans l’automobile, est déjà célèbre, et sa clientèle s’accroît tous les jours de tous ceux qui, pour un prix très inférieur à ceux des marques classées, veulent avoir des voitures parfaitement construites et aussi soignées que possible.
« Solide et bon marché », telle est la devise de la Société Mendelssohn. Elle y a pleinement réussi. Une visite à son stand s’impose à tous ceux qui veulent une voiture de premier ordre, bien qu’à la portée de toutes les bourses. Le Monde illustré – 9 juillet 1904

Les automobiles Mendelssohn participent avec succès aux concours d’élégance automobile de l’époque et jusqu’au début 1907, tout semble sourire à la Société Mendelssohn and Cy, Lted, désormais officiellement basée à Londres.
AUTOMOBILES
« Une attraction très remarquée au Salon de l’Automobile est le stand de la Société Mendelssohn.
Parmi les châssis, qui sont tous intéressants, il faut citer deux types nouveaux, exceptionnellement avantageux et pratiques.
D’abord, une quatre cylindres 10/12 HP, très complète, est cotée au prix extraordinaire de 6 450 francs.
Ensuite, un type de fiacre, dont un grand nombre de spécimens circulent dans les rues de Londres, est remarquable par son extrême souplesse, sa simplicité et sa forte construction. »
Le Journal – 12 décembre 1906
La passion des canots automobiles
En parallèle à sa production de véhicules terrestres, Mendelssohn est également un nom prestigieux dans les courses de canots automobiles et la marque remporte des trophées de Trouville à Monaco.
Yachting Automobile
Le Mendelssohn, cruiser de 6 m 50, barré par Despujols, moteur Mutel, appartenant au constructeur bien connu MM. E. Mendelssohn et Cie, a été gagnant de la catégorie des cruisers, couvrant les 50 kilomètres en 2 h 1’.
Le Mendelssohn était muni de la magnéto Nilmélior.
Armes et Sports – 30 avril 1906

La faillite
Le 13 août 1907, le bateau coule, la société Mendelssohn est déclarée officiellemnt en faillite, entraînant dans son naufrage un certain nombre d’investisseurs éblouis par ses premiers succès.
« DÉCLARATIONS DE FAILLITES (Jugements du 13 août):
(…)
Sté Mendelssohn and Cy, Lted, fab. d’automobiles, & Copt Hall Cuildiny, à Londres, et 28, rue de Châteaudun, à Paris, avec usine avenue Dubonnet, Courbevoie. (…) »
Le Temps, 15 août 1907
Le journal Ruy Blas incrimine deux banquiers qui avaient conseillé d’acheter les actions de l’entreprise: Albert Ménager et Maurice Chimène. Dans ses colonnes, le journal satirique poursuivra les deux hommes de sa vindicte juqu’en 1919!
Automobiles et canots, célébrité brève et faillite brutale, personnalités méconnues, il est étonnant de constater la similitude de trajectoire de deux étoiles filantes de Courbevoie: Védrine et Mendelssohn.

Sources:
- Geneanet
- RetroNews
- Gallica/BNF
