Auguste Oradour est un des grands bâtisseurs qui ont façonné le quartier de Bécon. On y dénombre pas moins de 11 immeubles qui portent sa signature.
Un jeune architecte
Auguste Oradour est né à Nevers le 12 avril 1871, son père est négociant. Ses années de formation sont mal connues. Il exercera la profession d’architecte sans diplôme officiel, ce qui était courant à l’époque. Oradour s’installe à Paris où il épouse Caroline Marie Flagontier en 1895. Le couple habite d’abord rue Saint-Lazare avant de déménager à Asnières, puis en 1903, à Courbevoie, au 3 rue Auguste Bailly, dans l’immeuble qu’il vient de construire. Il n’a alors que 32 ans.

L’architecte de Bécon
L’inauguration de la gare de Bécon-les-Bruyères en 1891 a fait sortir de terre un nouveau quartier. Les constructeurs affluent pour offrir à la bourgeoisie parisenne un voisinage résidentiel à peu de distance du centre de Paris.
Les premiers immeubles qu’il construit alors qu’il habite encore Asnières sont mixtes: brique et pierre de taille.

Ensuite le matériau noble s’impose avec des façades souvent riches ornements.
Auguste Oradour se met à l’ouvrage et enchaîne les « immeubles de rapport », un immeuble divisé en plusieurs logements loués par un ou plusieurs propriétaires. Les constructions en pierre de taille sont de type haussmannien, ainsi les ex-Parisiens ne sont pas dépaysés.

La liste est impressionnante:
-
-
- 1 et 3, rue Auguste-Bailly : Immeubles de rapport, L. Martin sculpteur ;
- 5, rue Auguste-Bailly : Immeuble de rapport, Riotton entrepreneur (Colombes), L. Martin sculpteur ;
- 7, rue Auguste-Bailly : Immeuble de rapport, Soulette entrepreneur, L. Martin sculpteur;
- 18, avenue Gallieni : Immeuble de rapport, vers 1905, Soulette entrepreneur, L. Martin sculpteur ;
- 20, avenue Gallieni : Immeuble de rapport, L. Martin sculpteur ;
- 22, avenue Gallieni : Immeuble de rapport.
- 4, rue Haussmann: Immeuble de rapport
- 335, boulevard Saint-Denis et rue Cantin (1896, L. Martin sculpteur)
- 9-11, rue Condorcet (Habitations)
- 11, rue Jean-Moulin (Habitation)
- 6, rue Séverine (Habitation)
-
Les réalisations d’Oradour ne se limitent pas à Courbevoie, il exerce ses talents également à Asnières, Levallois et Neuilly, mais son terrain favori est de loin Bécon-les Bruyères.
Les façades comportent des sculptures décoratives souvent dues au même artiste (souvent le sculpteur Léon Martin pour Oradour).

Oradour résidera à Courbevoie de 1903 à 1926, puis retournera dans la capitale.
De la pierre de taille au bois tropical
En 1931 a lieu à la porte dorée la grande Exposition coloniale où sont représenté tous les territoire de l’empire français.
Eugène Oradour va construire à cette occasion un gigantesque pavillon de la Guyane.

« Le pavillon de la Guyane atteste la prodigieuse richesse sylvestre de notre colonie où l’on trouve les essences de bois les plus variées et les plus rares. L’architecte du pavillon, M. Oradour, a tenu a n’employer que des matériaux provenant de notre vieille possession américaine. La Guyane ne possédant pas un style architectural typique, le pavillon qui la représente à Vincennes n’est pas la réplique fidèle d’un palais, d’une maison ou d’une case indigène. Il a son style particulier qui se distingue par les harmonieux rapports des lignes ou des plans de son péristyle, de son toit couvert de roseaux et de ses galeries latérales. »
Livre D’Or – Exposition Coloniale Internationale – Paris 1931 (voir description complète)
Etonnant parcours de l’architecte de Bécon.
Autres sources:
- RetroNews
- Gallica/BNF
- Geneanet
- Hommes et métiers du bâtiment 1860-1940 – L’exemple des Hauts-de-Seine – Cahiers du Patrimoine
