Les rues de la Libération

L’évacuation des enfants (1939-1940)

Château-du Loir: En 1939 à la déclaration de guerre la mairie de Courbevoie prend des mesures pour évacuer les enfants et les mettre à l’abri des combats. Une grande partie des petits évacués sont hébergés dans la commune de Château-du-Loir dans la Sarthe. L’accueil y est tellement chaleireux que la municipalité de Courbevoie la déclare « commune frère et décide de donner son nom à l’ancienne rue de la Station, le long de la voie ferrée côté sud entre les deux entrées de la gare de Courbevoie.

Blason de la ville

 

Tous les noms de rue suivants furentattribués par décision du conseil municipal le 10 novembre 1944

Les Résistants

  • Jean Moulin (1899-1943): le plus célèbre d’entre eux. Envoyé parde Gaulle en France, l’ancien préfet d’Eure-et-Loir devient le premier Président du Conseil National de la Résistance et parvient à unifier les différents mouvements. Il crée l’Armée secrète avant d’être trahi et arrêté à Lyon en juin 1943. Il meurt torturé par Klaus Barbie. En 1964, André Malraux prononce son célèbre discours quand Jean Moulin entre au Panthéon.
Jean Moulin

La rue Jean Moulin se nommait avant-guerre rue de Cronstadt pour commémorer la visite de la flotte française dans ce port de Russie en 1891 et par la même occasion la nouvelle alliance franco-russe.

 

  • Jean-Pierre Timbaud (1904-1941): Secrétaire du syndicat CGT des métellurgistes parisiens, il participe aux grandes grèves des années 1930-1936 et crée des comités syndicaux pendant l’Occupation. Pris comme otage, il est fusillé par les Allemands au Mont-Valérien le 29 août 1941.

La rue se nommait auparavant rue de la Garenne.

 

  • Raymond Ridel (1913-1943): seule une petite partie de la rue appartient à Courbevoie, le reste fait partie du territoire de la Garenne-Colombes et c’est en fait un héros de cette dernière commune qui est commémoré ici. Raymond Ridel est né le 9 septembre 1913 à La Garenne-Colombes. Il s’engage au parti communiste puis dans la Résistance sous le pseudonyme de « Cartouche ». Il est l’un des fondateurs du Groupe Valmy et du Front National de la Résistance. Sa femme Germaine et lui sont arrêtés par les brigades spéciales de la police française. Il est alors déporté à Mauthausen, un camp de travail et d’extermination, où il décède le 21 juillet 1943.

 

  • D’Estienne d’Orves (1901-1941): officier de marine, Henri Honoré d’Estienne d’Orves rallie de Gaulle à Londres en juillet 1940. Il est nommé chef du service de renseignements de la France Libre. Il met en place le réseau de résistance Nemrod avant d’être arrêté et fusillé par les Allemands.
Henri Honoré d’Estienne d’Orves

La rue se nommait auparavant rue des Varebois.

 

  • Révérend-Père Cloarec (1894-1944): prêtre franciscain très impliqué dans les filières d’évasion d’aviateurs et de réfractaires et accueillant dans son couvent des responsables importants de la résistance à la veille de la Libération, le Père Corentin Cloarec est identifié par les services de la Gestapo. Le  en fin de matinée, deux jeunes Français travaillant pour la Gestapo mais se faisant passer pour des amis d’un résistant arrêté la veille assassinent le Père Cloarec dans son couvent.
Le Père Cloarec

Anciennement cette voie s’appelait rue des Tilleuls

Les soldats

Division Leclerc: Connue aussi sous le nom de 2éDB, elle représente la première unité de la France libre sous les ordres du général Leclerc et participe à tous les combats de la bataille du désert jusqu’à la campagne d’Allemagne en passant par la libération de Paris et Strasbourg.

De Lattre de Tassigny: Après son ralliement à de Gaulle, il est l’un des grands chefs de l’Armée de Libération entre 1943 et 1945, s’illustrant à la tête de la 1re armée, qui, après le débarquement de Provence du 15 août 1944, mène la campagne victorieuse, dite « Rhin et Danube », contre le Troisième Reich. Il est le représentant français à la signature de la capitulation allemande à Berlin, le 8 mai 1945.

De Lattre de Tassigny
La nouvelle municipalité entreprend de supprimer les noms de rues rebaptisées par Vichy:

(Liste établie à partir des archives municipales)

  • 1) Boulevard de la Paix → Boulevard Maréchal‑Pétain. C’est le seul boulevard rebaptisé en hommage au chef de l’État français. Nom supprimé à la Libération (délibération du 25 septembre 1944).
  • 2) Rue de l’Hôtel‑de‑Ville → Rue du 14‑Juillet. Renommage imposé par la délégation spéciale pour effacer une référence républicaine jugée « trop marquée ». Restaurée en 1944.
  • 3) Place de l’Hôtel‑de‑Ville → Place du Maréchal‑Pétain. La place centrale de la commune a porté le nom de Pétain pendant deux ans de 1942 à 1944  Nom supprimé dès la Libération.
  • 4) Rue de Bezons → Rue du Maréchal‑Lyautey. Renommage pétainiste classique (Lyautey était une figure mise en avant par Vichy). Nom conservé après 1944, car jugé « acceptable » par la municipalité provisoire.
  • 5) Rue de Colombes → Rue du 11‑Novembre. Renommage de propagande mémorielle (Vichy réutilise 1918 pour légitimer Pétain). Nom maintenu après 1944.
  • 6) Rue de l’Alma → Rue du Général‑Franchet‑d’Espèrey. Renommage pétainiste (Franchet d’Espèrey était une figure militaire valorisée par Vichy). Nom conservé après 1944.
  • 7) Rue de la République → Rue de Courbevoie. Renommage anti‑républicain explicite. Nom rétabli en 1944.