Weiss et Ulrich: un café en famille

Les Cafés Weiss et Ulrich sont une des entreprises les plus anciennes et les plus pérennes de Courbevoie avec plus de 100 ans de présence dans la ville.

Une affaire de famille

Une entreprise de torréfaction de café est créée en 1867 par Charles Auguste Ulrich (1823-1880). Originaire de Strasbourg, il quitte l’Alsace à la suite de son annexion par l’Allemagne en 1871.
Son fils, Charles Alfred Ulrich (1860-1938), né dans la Marne et décédé à Courbevoie, lui succède.
Sa fille, Lucie Ulrich (1888-1968), née et décédée à Courbevoie, épouse Charles Weiss (1888-1938) le 6 août 1909 à Strasbourg. La famille Weiss est à l’origine une famille de cordiers. La Corderie Weiss, fondée en 1650 à Strasbourg, existe toujours aujourd’hui.
Leur fils, Paul Weiss (1914-1990), poursuit ensuite l’activité familiale.

Les Weiss-Ulrich s’installent au 67 rue de Normandie.

Facture datée du 25 mai 1914

100 ans à Courbevoie

L’annuaire de Courbevoie daté de 1880 mentionne des « Cafés Weiss et Siegel » au 25 rue Haute-de-Bezons (aujourd’hui avenue Marceau). Après l’union des deux familles, la maison devient « Cafés Weiss et Ulrich » et l’adresse des mêmes locaux varie ensuite: 5 rue des Vieilles Vignes et 5 rue Deschanel puis 1, rue Barbès, avant que l’entreprise s’établisse définitivement en 1909 aux 70, 72 et 74, boulevard de la Mission-Marchand.

L’Etat des Communes de 1906 la décrit comme suit:
« Une maison de cafés en gros, no 1, rue Barbès, fondée avant 1870, et disposant d’un moteur à gaz de 2 chevaux pour la torréfaction des cafés (6 employés, 500 mètres superficiels) ».

Une autre mention dans la presse relate un fait divers:
« Mercredi soir, 16 courant, à 8 heures un cheval attelé à une voiture d’épicerie, appartenant à MM. Weiss et Ulrich, de Courbevoie, et conduite par leur représentant, Victor Huault, s’est emporté dans le faubourg Saint-Martin. Apres avoir parcouru à une folle allure plusieurs rues, le cheval s’est arrêté de lui-mème à la montée de la Grande-Rue. Fort heureusement, aucun accident ne s’est produit et le conducteur en a été quitte pour un saut involontaire en bas de son siége et une déchirure à son pantalon. »   Le Progrès de Seine-et-Oise – 26 sept 1896

La maison devient dépositaire de la marque « Café Négrita » et diversifie sa production en 1935:
« JOCAO. — JOBANANE.
Nos 230471 et 230472. — M. p. désigner de la pâtisserie, confiserie, chocolat, cacaos, sucres, miel, confitures, déjeuners â base de cacaos, farines alimentaires et de bananes,’ déposées le 19 septembre 1934, à 15 heures, au greffe du tribunal de commerce de ïa Seine (n°* 296132 et 296133), par la Société Weiss et Ulrich, 70 et 74, ‘boulevard de la Mission-Marchand, Courbevoie (Seine). »   Revue de la chocolaterie – 1er février 1935

Il est probable que l’entreprise ait cessé ses activités au début des années 1990.

 

Sources:

  • Documents Jean-Frédéric Weiss
  • Geneanet
  • RetroNews
  • Gallica/BNF