Raoul Minot (1893-1945), le héros retrouvé de Courbevoie

Dans une enquête passionnante publiée au cours de l’été 2024, le journal Le Monde a révélé l’existence d’un fonds exceptionnel de photos prises pendant la période de l’Occupation par un photographe clandestin: Raoul Minot, aidé de sa femme Marthe.

« Demande de recherche de déporté » déposée par Marthe Minot en 1945/ Service historique de la Défense

 

Ce Courbevoisien héroïque a, au péril de sa vie, bravé l’interdiction imposée par les Nazis de prendre toute photo sans autorisation. Il est l’auteur de plus de 700 clichés assortis au dos de commentaires personnels.

Numéro été 1929 de la revue Printania des magasins du Printemps « 

 

Employé comme Marthe aux magains du Printemps, il a, avec la complicité d’autres employés engagés dans la Résistance, pu faire tirer et distribuer un nombre impressionnant de photos prises avec son Kodak Brownie 6/9 entre 1940 et 1942 avant d’être dénoncé, arrêté le 8 février 1943 et déporté à Mauthausen puis Buchenwald.

Il ne survécut pas aux aux « marches de la mort » qui suivirent l’évacuation des camps  concentraton. Il serait mort le 28 avril 1945 à l’hôpital de Cham en Bavière.

« Bécon, poste d’observation, vue sur la cour » (verso de la photo) – non daté / Musée de la Résistance Nationale

 

 

 

 

 

 

 

 

Raoul et Marthe MInot habitaient au 36, rue du 22-Septembre dans le quartier de Bécon.

Les délateurs

Le ou les auteurs de la lettre de dénonciation qui a ebntraîné l’arrestation de Raoul Minot restent inconnus à ce jour. Pourtant, les dossiers des commissions d’épuration détenus par les archives municipales révèlent que de forts soupçons pèsent sur un couple: Marie Breux (née Jeanne) et Georges Robinson.

Robinson âgé de 30 ans en 1944 possède un casier judiciaire déjà chargé. Il s’est vanté d’avoir dénoncé 18 personnes aux autorités d’occupation. Le couple résidait au 36 rue du 22 septembre comme Minot et officiaient là en tant que concierges de l’immeuble.

Les deux individus sont transférés par la commission au centre de Drancy après une brève détention au château de Bécon et doivent être jugés par un cour de justice.

L’histoire devient alors rocambolesque: Robinson réussit à avoir accès aux bureaux et se fabrique de faux papiers de sortie. On perd ensuite sa trace.

Le mystère de la dénonciation n’est donc pas totalement éclaici.

 

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