La Cornue : le luxe dans la cuisine

La Cornue le luxe dans la cuisine

Les fondateurs

En 1908 alors que Paris commence à être alimenté en gaz naturel, Albert Dupuy herboriste et parfumeur parisien passionné de technique, imagine un four exploitant mieux cette nouvelle énergie.

Un ingénieur de Courbevoie, Antoine Barbary, conçoit dans ses ateliers au 66 rue Henri Regnault le « four-voûte », qui utilise la circulation d’air chaud à l’intérieur pour une cuisson à convection plus homogène et plus efficace que les fours de l’époque qui n’étaient que des cavités à plafond plat contenant des grilles suspendues au-dessus d’un feu.

La forme du four s’inspire des tunnels du métro parisien, alors tout juste inauguré.

« La Cornue », le nom que Dupuy choisit pour son invention, vient de la cornue de laboratoire, clin d’œil à ses origines en herboristerie et chimie.

Le premier modèle : la « Rôtisseuse-Pâtissière La Cornue à gaz », est un four portatif destiné aux particuliers exigeants.

Les établissements Barbary s’installent au 83 rue du Chemin de fer (aujourd’hui rue du Château-du-Loir) à Courbevoie. Les premières réclames « la Cornue » apparaissent ans la presse.

Le Petit Parisien dans son édition du 15 septembre 1912 rend compte de la visite de ministres à l’Exposition des Arts du Travail:

On parvient ensuite à la très intéressante collectivité de la Société du Gaz de Paris, où les visiteurs s’arrêtent surtout devant un appareil fort curieux et d’une grande utilité pratique : la rôtisseuse-pâtissière “La Cornue”, marque B.R.C., brevetée, inventée par l’ingénieur Barbary, 66, rue Henri-Regnault, à Courbevoie.

Cet ustensile est spécialement destiné à la cuisson des rôtis, gratins, pâtisseries — en un mot, de tous les mets qui ne peuvent généralement être préparés que dans les fours de boulanger ou de cuisine. La “Cornue” a la propriété de cuire sans brûler, dorer sans dessécher, avec rapidité, économie et certitude de réussite.

Elle se place directement sur tous les réchauds dont la source de chaleur ne produit pas de fumée, et elle est indispensable dans tous les ménages, car elle est la seule dans le monde entier qui réunisse d’aussi complets avantages.

La notice relative à la “Cornue” est envoyée franco sur demande.

Les établissements Barbary s’installent au 83 rue du Chemin de fer (aujourd’hui rue Guynemer) à Courbevoie. Les premières réclames « la Cornue » apparaissent ans la presse.

Au début des années 1930, la fabrication déménage au 20 rue Adam Ledoux à Courbevoie.

Fourneau pour enfants « La Cornue – Photo Patydanse

La diversification

Au cours des années 1950, André Dupuy, le fils du fondateur, modernise la production et lance la gamme « 5 Étoiles ».

Dans les années 1960, c’est la création du modèle « Châtelaine », inspiré des cuisinières traditionnelles, qui marque l’entrée de La Cornue dans l’univers du luxe culinaire.

Les ateliers de Courbevoie produisent alors des appareils sur mesure pour une clientèle française et internationale.

Le départ de Courbevoie

En 1985, sous la direction de Xavier Dupuy, l’entreprise quitte Courbevoie pour s’installer à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise) dans un atelier de 2 200 m², tout en conservant un savoir-faire artisanal.

La marque obtient plus tard le label Entreprise du Patrimoine Vivant.

Aujourd’hui

Depuis 2015, La Cornue appartient au groupe Middleby Corporation via AGA Rangemaster.

Elle reste connue pour ses trois gammes : Château, CornuFé et CornuChef, ainsi que pour ses réalisations sur mesure exportées dans le monde entier.

Sources