La Cootypographie, imprimerie coopérative ouvrière

La Cootypographie, imprimerie coopérative ouvrière

La Cootypographie, société ouvrière d’imprimerie, est un bel exemple d’entreprise coopérative née dans l’esprit mutualiste et ouvrier du début du XXᵉ siècle.

Elle s’inscrit dans le mouvement des coopératives de production : les salariés en sont aussi les associés, partageant les bénéfices et les décisions.

L’objectif initial était de garantir de bonnes conditions de travail, une rémunération équitable et une indépendance vis-à-vis des grands imprimeurs parisiens.

Les origines

Fondée en 1900 par un collectif d’ouvriers typographes, la « Coo » s’installe d’abord dans un local loué au 100 rue de la République à Puteaux.

Les débuts sont difficiles et les ouvriers sont contraints de limiter leur salaire (à un franc de l’époque) pour sauver leur imprimerie.

Néanmoins, les commandes ne tardent pas à affluer et bientôt, de nouvelles embauches viennent renforcer la coopérative.

Une caisse de retraite est constituée avec la contribution équivalant à une heure de travail de ses membres.

La Coo se développe et de nouveaux locaux sont nécessaires.

L’implantation à Courbevoie

Fin 1907, les ateliers sont transférés au 11 rue de Metz à Courbevoie.

En 1910, la grande crue de la Seine menace la Coo et la prive d’électricité tandis que les livraisons sont fortement perturbées.

On compte parmi ses clients la Fédération des Cheminots, la société Lambert, les mairies de Courbevoie et Puteaux. Suresnes et Boulogne passent aussi régulièrement commande de travaux.

Les élections législatives annoncent une période faste : tous les politiques de la région font appel à ses services.

Mais la guerre éclate et ralentit son développement. La majorité du personnel est sous les drapeaux et l’économie tourne au ralenti.

A la fin de la guerre, l’activité reprend de plus belle et entre 1919 et 1930, malgré la crise économique, l’entreprise prend son essor : un nouvel atelier est construit et de nouvelles machines sont acquises (Taesch, Phénix, Somua). La Coo accueille aussi de jeunes sociétaires.

Exemples d’affiches :

 

Affiche pour le Parti communiste – 1924

 

 

Encrage

Durant la décennie suivante, les employés acceptent de financer par le don de leurs heures supplémentaires l’achat d’autres machines (Lambert, Monelby, Express) et de nouveaux caractères.

La Seconde guerre mondiale perturbe de nouveau les activités de la Cootypographie : des membres sont prisonniers de guerre, d’autres entrent dans la clandestinité.

La coopérative redémarre véritablement en 1945 et reprend sa production habituelle : brochures, cartes, catalogues, papeterie d’entreprise, et sa spécialité militante : affiches, tracts et ouvrages syndicalistes et politiques.

Comme beaucoup d’imprimeries coopératives, la Cootypo a souffert de la concentration du secteur et de l’arrivée de nouvelles technologies dans la seconde moitié du XXᵉ siècle.

Après près d’un siècle de présence à Courbevoie, la Cootypo déménage à Asnières et poursuit ses activités jusque dans les années 2010.

Sources :

  • Gallica/ BNF
  • La Cootypographie 1900-1950