Daniel Riberzani, l’homme qui fait danser l’Espace Carpeaux

Peintre, tapissier, photographe, verrier, Daniel Riberzani est un artiste aux multiples facettes.
Il est l’auteur de la deuxième plus grande tapisserie du monde qui décore le hall de l’Espace Carpeaux en hommage au sculpteur décédé à Courbevoie.

Un homme d’expériences

Daniel Riberzani est né à Paris en 1942.

Formé à l’Ecole des Arts appliqués, il participe dès 1967 à des œuvres collectives et participe à de nombreux salons en France et a l’étranger où il expose ses peintures, dessins, tapisseries et estampes.

Il choisit de varier ses thèmes de façon spectaculaire passant de mise en couleur de vélos et de machines à objets anciens, pour explorer ensuite le nu en préservant toujours un univers très coloré.

Dans les années 1980, de nouvelles recherches le portent à réaliser des paysages et des natures mortes.

Implosion – 1974

Dès les années 1990, il met en scène des moments de sa vie avec des citations picturales de peintres comme Zurbaran ou Mantegna et introduit bientôt des mots dans ses compositions.

Il reçoit également des commandes officielles pour des fresques (chapelle du château de Versailles, 1998) ou des tapisseries (Palais Bourbon, 2001), puis il décide de revenir aux dessins et pastels avant de travailler le vitrail et la photographie dans les années 2010 et 2020.

Vitrail ASY

 

Le géant de l’Espace Carpeaux

En 1982, il est accueilli à l’École nationale d’art décoratif d’Aubusson, comme premier boursier. alors qu’un plan de relance de la tapisserie est mis en place par le ministère de la culture.

Il travaille à la réalisation de tapisseries d’Aubusson et à la Manufacture des Gobelins. À partir de 1983, il crée des cartons pour des œuvres monumentales, et, en 1991, c’est la création de La Musique et la Danse, réalisation de 160 m2 pour l’Espace Carpeaux par les ateliers Pinton à Felletin-Aubusson dans la Creuse. C’est la première commande publique de Daniel Riberzani et les discussions sont âpres entre l’artiste et les commanditaires, à savoir la ville de Courbevoie dont le maire est alors Charles Desprez.

La tapisserie mesure 8m de hauteur, 20m de longueur, soit 160m2, c’est la 2ème plus grande tapisserie d’un seul tenant au monde, après celle de la Cathédrale de Coventry, en Grande Bretagne. « Toutes deux ont été tissées par les mêmes ateliers avec 2 équipes de 9 lissiers chacune, travaillant de 5h du matin à 21h, leur motivation et leur savoir-faire ont largement contribué à la réussite de cette tapisserie. »

Voici les commentaires sur la réalisation de La Musique et la Danse extraits du site de l’artiste.

La commémoration

Jean-Baptiste Carpeaux a vécu et travaillé à Courbevoie, avant d’y mourir en 1875. Le groupe le plus célèbre de ce sculpteur, « La Danse », destiné à la façade de l’Opéra Garnier et qui a suscité en son temps l’indignation de la bourgeoisie philistine (en 1869, il est jugé pour « outrage à la pudeur ») se retrouve dans cette tapisserie. « La Danse » est la plus belle, la plus sensuelle, des sculptures de Carpeaux.

Par ailleurs, de façon moins essentielle, le nom de Saint-Saëns intervient dans ce projet, comme musicien lié aux Hauts-de-Seine et à Courbevoie.

​Le projet

Le groupe « La Danse » est ici éclaté, fragmenté. Son personnage central, à mi corps et en gros plan au milieu de la tapisserie, est devenu Marianne. République de la Musique, ou Victoire ailée, mais masculine, ambivalente, dionysiaque. Indifférencié, il porte les attributs contradictoires du tambourin et des tables de la loi. Ici, une partition de Wagner. Il rappelle que l’Art est aussi saltimbanque. C’est à la fois Dionysos et Moïse… 

La ronde des nymphes de « la Danse » est restituée au 2ème plan à gauche. Image redoublée de « la Danse » sur fond noir et partitions grises et rouges (la création de Haydn) : couleurs imposées qui font référence à l’architecture du bâtiment. Il s’agit bien de figures emblématiques, ou d’allégories.

A droite c’est aussi la musique: bouquet d’instruments, épars, bleus, raccordant ceux-ci au personnage central. De façon ostentatoire, ces instruments jubilent rappelant que la musique, c’est d’abord une fête refusant peut être le caractère figé, compassé du concert.

De gauche à droite, en bas, à la façon d’un générique défilent des noms de muses: Euterpe pour la musique, Polymnie pour la poésie lyrique, Terpsichore pour la danse et le chant, Thalie pour la comédie, et les patronymes de Saint-Saëns et de Carpeaux. C’est à regarder pour qui entre dans le Hall et avance, comme un néon multicolore et rythmé.

En bref, la composition de cette tapisserie est une espèce de montage baroque, c’est une surimpression de couleurs franches, lumineuses sur fond noir et gris.

De fait, il y a du blanc, du rouge et du bleu…

L’inauguration de la tapisserie a lieu en 1992 et une exposition des œuvres de Riberzani est organisée dans le hall de l’espace Carpeaux. A cette occasion, un court documentaire est réalisé par Daniel Jaylet.

Signature de l’artiste en bas à droite de la tapisserie

 

Sources:

  • Wikipedia
  • Site Daniel Riberzani
  • Toutes les photos de cet article (à l’exception des photos de la tapisserie Carpeaux) sont extraites du site de Daniel Riberzani et publiées avec son autorisation