Courbevoie dans la guerre: la Libération

Après quatre années d’occupation, Courbevoie connaît le grand jour de la Libération, le 24 août 1944.

Nos plus sincères remerciements à MIchel Jouanneau qui nous a envoyé la plupart des photos illustrant cet article ainsi que pour son témoignage précieux sur son père et son grand-père,  tous deux résistants à Courbevoie.

Napoléon Trinel et la Résistance à Courbevoie

Dès 1942, un groupe de résistants s’est formé à Courbevoie sous l’impulsion de Napoléon Trinel (1912-1988).

Un militaire expérimenté

Engagé volontaire en janvier 1930, Trinel est affecté à un groupe d’ouvriers d’aéronautique, avant de devenir pilote. Avec sonescadrille, il combat sur des Morane MS406 pendant la campagne de France. Libéré en Algérie, il rentre d’Alger à Montpellier en mars 1940 et contribue de suite à la création d’une organisation de passage en Afrique du Nord. Napoléon Trinel est démobilisé le 27 juillet 1940.

Installé à Courbevoie, il constitue un groupe de résistants qui prend l’appellation en décembre 1942 de corps-franc Napoléon. Il en restera le commandant unique jusqu’à la Libération.

Brassard porté par un membre du corps-franc Napoléon. L’insigne de ce corps-franc a été ajouté très certainement a posteriori. – Musée de la Résistance en ligne

Après avoir dirigé un corps franc dans l’ouest de la France, le capitaine FFI est nommé, le 21 août 1944, commandant militaire de la place de Courbevoie. Il a alors sous ses ordres toutes les formations militaires de Courbevoie, y compris les pompiers et policiers.

Après la libération de la région parisienne, il rejoindra l’armée et combattra à La Rochelle et Strasbourg avant de devenir commissaire de sûreté à Trèves puis administrateur – liquidateur d’usines déclarées disponibles au titre des réparations en Bade et Wurtemberg de 1946 à 1951.

Les combats de la Libération

Le 20 août 1944, les combats gagnent Courbevoie : le poste (commissariat) de la ville, comme celui de Colombes voisine, doit se replier face aux Allemands. Dès le lendemain, le 21 août, Trinel est nommé commandant militaire de la place de Courbevoie, prenant sous ses ordres l’ensemble des formations militaires locales, y compris pompiers et policiers.

Les jours suivants sont marqués par des combats intenses dans le secteur :

Le 23 août, les résistants participent à la défense du pont de Neuilly-sur-Seine.

Barricade sur le pont de Neuilly – 1944 – Collection Michel Jouanneau (colorisé IA)

Le 24 août, ce sont les combats de Courbevoie proprement dits, au cours desquels Trinel est blessé trois fois, notamment à la tête. Ce même 24 août, les communications de la Préfecture de police signalent d’importantes forces allemandes dans le secteur : environ quatre à cinq cents soldats allemands stationnés chez Peugeot, boulevard de la Mission-Marchand à Courbevoie, tandis qu’un peu plus tôt dans la soirée, un message signale depuis Courbevoie que les autorités allemandes venaient de miner le pont de Neuilly.

Collection Michel Jouanneau (colorisé IA)

Après ces combats, les hommes du corps-franc Napoléon participent au nettoyage des Champs-Élysées, dans la foulée de l’entrée de la 2e DB du général Leclerc dans Paris les 24-25 août — ce qui correspond à la libération générale de la capitale et de sa proche banlieue.

Georges Jouanneau – 1944 – Collection Michel Jouanneau
Jacques Jouanneau – 1944 – Collection Michel Jouanneau

Les troupes américaines finissent d’assurer la libération de la ville.

Trois soldats américains devant le 39 rue de Colombes – 1944 – Collection Michel Jouanneau

Les cérémonies célébrant la fin de l’occupation ont lieu devant une mairie rapidement purgée de ses éléments collaborateurs.

Cérémonie à la mairie de Courbevoie – le 24 août 1944 – Collection Michel Jouanneau (colorisé IA)