André Herbelin, mort à Courbevoie le 16 décembre 1966, est le héros de deux guerres mondiales. Sa vie est aussi marquée par une étonnante amitié.
L’As des airs
Né au Havre le 9 décembre 1889, le jeune André Herbelin devient un sportif accompli: il participe à un premier Tour de France en 1909 et termine très honorablement à la 44e place en 1910.
Il s’engage dans l’armée en 1912 mais, victime d’une maladie pulmonaire, il est réformé l’année suivante. Il se marie alors et trouve un travail dans une imprimerie. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il parvient à réintégrer l’armée. En 1916, il demande à être transféré dans l’aviation et suit une formation de pilote. Il obtient son brevet (le no 3088) et intègre l’Escadrille 102 stationnée en Lorraine en
Il décore son Nieuport 12 d’un squelette armé d’une faux et remporte sa première victoire aérienne le ransféré près de Belfort à l’Escadrille 81, il participe à la bataille du Chemin des Dames. Il accumule les victoires et fin août 1917, il devient officiellement un « As » (au moins cinq victoires homologuées). Il reçoit successivement la croix de guerre, la médaille militaire et la légion d’honneur.

Voici quelques-unes de ses citations:
- Médaille Militaire et citation à l’ordre de l’armée n° 4808 du Sgt André René Célestin Herbelin, pilote à l’escadrille N 102, en date du 20 avril 1917 : « Pilote d’une ardeur et d’une adresse incomparable, se signalant en toutes circonstances par son audace et son intrépidité. A Abattu trois avions. Déjà cité au cours de la campagne. »
- Citation à l’ordre de l’armée n° 889, en date du 10 septembre 1917 : « Soldat enthousiaste, pilote adroit, chasseur intrépide, vole avec ardeur inlassable et attaque avec impétuosité rare. A abattu le 12 août un avion ennemi qui s’est écrasé dans ses lignes et a porté ainsi à 4 le nombre de ses victoires. »
- Grade de Chevalier de la Légion d’Honneur et citation à l’ordre de l’armée, en date du 13 mars 1918 : « Pilote d’une adresse merveilleuses et dont l’habileté s’est affirmée par de multiples victoires. Toujours prêt au combat et a déjà à son actif 9 avions ennemis. Médaillé militaire pour faits de guerre. Quatre citations. »
- Citation à l’ordre de l’armée, en date du XX juillet 1918 : « Officier pilote modèle d’audace, d’énergie et d’entrain. A attaqué à basse altitude le 15 juillet 1918, un avion ennemi qu’il réussi à abattre. A ainsi remporté sa 11ème victoire (6 citations). »
Après avoir remporté sa dernière victoire sur un SPAD et commence à réaliser des expériences de vol de nuit.
A la fin de la guerre, André Herbelin totalise onze victoires homologuées, cinq probables et 1600 heures de vol.

L’ami allemand
Le 10 décembre 1917, au cours d’un combat aérien, Herbelin a abattu un avion allemand à bord duquel se trouvait le lieutenant Joachim Leopold. Celui-ci a survécu et a été fait prisonnier. Le jour même du combat, le Français invite son adversaire à déjeûner au restaurant le « Coq hardi » à Verdun. C’est le début d’une longue amitié entre chevaliers du ciel.
Le patriote entre deux guerres
« Démobilisé en 1919, il devient maître imprimeur éditeur dans une maison qui publie le journal « L’Alsace » diffusé dans l’Alsace annexée par la France pour y faire une propagande pro-française. Parallèlement à son activité professionnelle il pilote toujours car il possède deux SPAD VII immatriculés au registre civil, et effectue du vol à voile sur le ballon d’Alsace. L’ancien as va défrayer la chronique en prenant violemment à partie les députés autonomistes alsaciens Ricklin et Rossé élus en 1928, contre lequel il va faire imprimer des tracts injurieux promettant de « ficeler ces cochons de boches et les reconduire à leur place de l’autre côté du Rhin ! » » (citation site: https://as14-18.net/Herbelin)
Herbelin et Leopold se revoient vingt ans plus tard en 1937 pour parler du bon vieux temps alors qu’une nouvelle guerre se profile.
Le résistant miraculé
Herbelin est mobilisé en 1939 et commande d’abord une section d’« avions estafettes » puis il est démobilisé après l’armistice de
Herbelin ne se résout pas à abandonner le combat et rejoint la résistance. Il devient capitaine des Forces françaises de l’intérieur (FFI) dans le maquis Lorraine-ballon d’Alsace.
La suite est sans doute un des plus incroyables épisodes de la guerre en France.
Recherché par la Gestapo, Herbelin est arrêté en 1944 et condamné à mort.
Alors qu’il va être fusillé, un coup de théâtre se produit: son ami Léopold intervient pour empêcher l’exécution de celui qui l’avait abattu en 1917!
Après la guerre Herbelin sera promu au grade de commandeur de la Légion d’honneur.
Sources:
- Gallica/BNF; RetroNews
- Site Aviation Le Havre
- Site Escadrille N81

