Fernand Charron, né en 1866 d’une famille modeste, se passionne pour les cycles dont il devient un coureur et champion dans les années 1880, il remporte de nombreux prix qui le font connaître du milieu puisqu’il devient l’importateur pour la France des cycles anglais Humbert à partir de 1891.
A l’époque il n’y a qu’un pas à franchir du vélo à l’automobile et Charron devient pilote automobile dès 1896 et remporte, là encore, de nombreuses victoires, dont la Coupe Gordon Bennett 1900.

En 1901, Charron devient constructeur automobile en s’associant avec deux anciens cyclistes devenus pilotes pour fonder Charron, Girardot et Voight (C.G.V.) à Puteaux.
Les trois hommes finissent par se séparer et en 1912, Charron décide de créer sa propre marque en partenariat avec Pierre Azaria, fondateur de la Compagnie Générale d’Électricité, qui apporte les capitaux nécessaires.
Ils implantent leur usine au 27 avenue Marceau à Courbevoie alors que le siège de la marque affiche une adresse plus prestigieuse au 34 avenue des Champs-Élysées.
Charron baptise l’entreprise Alda acronyme de « Ah ! La Délicieuse Automobile », clin d’œil publicitaire à l’élégance et au confort des véhicules.

Dans sa page consacrée au Salon de l’Automobile 1913, le journal Le Matin commente :
La Société des automobiles Alda
Sous l’habile direction de Fernand Charron, l’un des doyens de l’industrie automobile, à qui sa longue expérience des courses de vitesse, du tourisme et de la construction mécanique donne une compétence indiscutable, la jeune société des automobiles Alda est parvenue dès le premier coup à produire des châssis parfaits.
Pour l’année 1914, la société Alda poursuit la fabrication exclusive de son unique modèle : la 15 chevaux, subdivisée en deux types :
- Châssis normal
- Châssis sport
Ces châssis ont bénéficié d’une première année de mise au point et d’expérience. La société s’est appliquée à tenir le plus grand compte des desiderata de ses clients, qu’elle est résolument décidée à considérer comme de précieux collaborateurs.
Elle ne produit qu’un nombre limité de châssis par an, dans l’intention de pouvoir suivre constamment ses voitures, destinées à une clientèle réduite mais très exigeante, qui sait apprécier les qualités de bonne suspension et de merveilleuse tenue sur la route des voitures Alda.
À un moment où le réseau routier de France se dégrade continuellement, il est d’un intérêt primordial pour l’acheteur d’une automobile de se préoccuper d’acquérir une voiture bien suspendue et tenant bien la route. À l’inverse de certains constructeurs qui offrent depuis des années les mêmes dispositions de ressorts, les nouveaux modèles de châssis Alda présentent des solutions absolument nouvelles, rigoureusement appropriées aux services qui leur seront demandés.
Indépendamment de ces deux qualités, la Société Alda a également cherché à obtenir le silence et la rapidité, tout en conservant à ses châssis leur cachet de simplicité et d’élégance.
Le Matin – 18 octobre 1913
En 1917, Charron devient le seul propriétaire de la marque. Il diversifie ses activités en important des machines à écrire et des camions américains.

L’usine Alda produit des voitures sur un châssis unique, décliné en deux versions : une 15 chevaux et une 25 chevaux plus puissante et luxueuse.
Les modèles Alda proposent des moteurs à soupapes latérales et un moteur Henriod à distributeur rotatif, sous licence, mais ce dernier est vite abandonné pour manque de fiabilité.
« Fernand Charron engage ses Alda en compétition automobile dès 1913, mais ses voitures ne brillent guère. En fin d’année 1914, la Première Guerre Mondiale stoppe la production automobile, l’usine Alda est réquisitionnée au profit de l’effort de guerre.
Alda réapparait en 1919 mais son associé des débuts, Pierre Azaria, s’inquiète du train de vie fastueux de Charron et de ses ambitions en compétition automobile. D’autres investisseurs prennent sa place, non issus du monde de l’automobile, ils donnent carte blanche à Fernand Charron qui prépare une voiture à moteur latéral sur la base du châssis 1914, mais aussi un modèle à vocation sportive dérivé des voitures de compétition. En attendant, la production redémarre avec les stocks restants.
En 1920, Alda présente une nouvelle voiture, la 20HP, équipée d’un moteur quatre cylindres 90 X 140mm, à arbre à came en tête. Dévoilée lors du salon de l’automobile de Paris de la même année au côté de l’illustre 15HP, la presse ne fait pas grand bruit sur cette nouvelle venue. La voiture n’a, semble-t-il, pas été commercialisée, Alda conservant la seule 15HP dans son catalogue. Avec une production artisanale réalisée à l’unité, Alda survit tant bien que mal jusqu’en 1922, la production de ce constructeur est limitée à quelques dizaines d’unités seulement.
La marque disparaît sans laisser de successeur, bien que certains modèles soient encore visibles dans des collections privées ou musées spécialisés.
Les voitures Alda sont aujourd’hui très rares et recherchées par les collectionneurs.
Elles incarnent le raffinement technique et esthétique de l’automobile française avant la standardisation industrielle.

Sources :
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Gallica/ BNF
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RetroNews
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https://lautomobileancienne.com/alda-lhistoire-de-la-marque/

