Albert Gleizes n’est rien d’autre qu’un des fondateurs du cubisme. Peintre, dessinateur, graveur, philosophe et théoricien, il a eu une influence majeure sur l’art du XXe siècle. Son enfance et sa jeunesse ont eu pour cadre notre ville.
Les années Courbevoie
Albert Gleizes naît à Paris en 1881, mais peu de temps après sa naissance, ses parents viennent s’installer à Courbevoie au 14 Avenue Gambetta, à deux pas de la caserne Charras, dans une maison pourvue d’un grand jardin. Courbevoie ressemble encore à un grand village.

Ce n’est pas un hasard, une partie de la famille y réside déjà. Son oncle Honoré et sa tante Noémie habitent la maison voisine au 12 avenue Gambetta (anciennement avenue Montebello). Noémie Gleizes (épouse Giesser) y vécut toute sa vie et on peut voir la tombe familiale dans le vieux cimetière de Courbevoie.

Un autre oncle, Félix vient se fixer à Neuilly à l’angle du pont et de l’avenue de Neuilly, face à Courbevoie. L’ancrage familial est bien marqué.
Albert fait sa première scolarité à l’école de la rue Ficatier, tout près de la Seine.
Très jeune, il se met à peindre et prend ses deux sœurs et parfois sa mère pour modèles, ainsi que ses oncles, tantes et cousins germains, puis il se tourne vers le fleuve.
Jusqu’en 1914, il va dessiner et peindre abondamment les bords de Seine, les reflets de l’eau mais aussi l’activité du port et des usines.

Le théoricien du cubisme
En 1909-1910, Gleizes fréquente des peintres comme Robert Delaunay, Jean Metzinger et Henri Le Fauconnier et commence à décomposer les formes en facettes multiples.
Il s’inspire des théories d’Henri Bergson pour reconstruire l’objet à partir de différents angles.
En 1912, il expose avec ses amis au Salon des Indépendants, le « Cubisme » fait scandale.

Albert Gleizes et Metzinger écrivent le premier traité majeur sur le cubisme, Du « Cubisme » en 1912. Gleizes est également membre fondateur de la Section d’Or appelée aussi « Groupe de Puteaux » qui réunit des artistes importants comme était Kupka, Léger, Picabia, Auguste Perret, Apollinaire dans la maison de Marcel Duchamp. Ils se veulent « post-cubistes » et rêvent de « transformer le monde à partir des découvertes « einsteiniennes » tournant autour du nombre d’or. »

Gleizes participe également au magazine artistique allemand Der Sturm, et ses nombreux écrits théoriques influencent le Bauhaus.
Pendant la guerre, Gleizes mobilisé en Lorraine continue de produire des encres et des gouaches.
Il voyage à Barcelone puis passe quatre années cruciales à New York et joue un rôle crucial dans l’évolution de l’art américain.
Il revient à Paris en1919 et fonde avec d’autres artistes et intellectuels le groupe baptisé « Abbaye de Créteil ».

Dans les années 1920 et 1930, il devient le grand théoricien du cubisme et publie de nombreux ouvrages: La Peinture et ses lois (Paris, 1923) et Vers une conscience plastique: La forme et l’histoire (Paris, 1932).

Il participe également au mouvement Abstraction-Création
En 1947, une grande rétrospective de son œuvre est organisée à Lyon.
Retiré en Provence, il décède à Avignon en 1953.
